NALBANDIAN DÉTRÔNE LE ROI
Roger Federer aurait pu écrire un nouveau morceau à sa légende. Mais le n°1 mondial, pour sa douzième finale de l'année 2005, a laissé David Nalbandian, repêché suite au forfait d'Andy Roddick, s'offrir son premier grand titre sur le circuit au terme d'une finale prodigieuse conclue en 5 sets ( 6-7 (4/7), 6-7 (11/13), 6-2, 6-1, 7-6 (7/3) et 4h33' de jeu. Le Suisse, qui menait deux sets à zéro, s'est ensuite écroulé, trahi par son physique. Federer n'égalera pas le record historique de John McEnroe en 1984 avec 82 victoires pour seulement trois défaites en une saison.
Sur la bonne voie...
On peut dire que Roger Federer a sauvé ce millésime 2005 du désastre après la vague de forfaits (Nadal, Roddick, Safin, Hewitt, abandon d'Agassi après son premier match) qui en a forcément altéré sa qualité. Ne fuyant jamais ses responsabilités, le Suisse a tenté de les assumer jusqu'au bout de l'ultime compétition de la saison. Une mission pas forcément évidente à remplir pour le n°1 mondial, arrivé à Shanghaï dans une forme physique incertaine après sa blessure à la cheville soignée durant un mois. Malgré tout, le maître du circuit a enfilé les victoires dans le groupe rouge face à David Nalbandian, Ivan Ljubicic et Guillermo Coria. Après une demi-finale emballée pesée en 49 minutes (6-0, 6-0) face à un Gaston Gaudio inexistant, Federer a retrouvé en finale celui qu'il avait battu en apéritif, son ancienne bête noire du circuit, David Nalbandian. Vainqueur de ses cinq premiers matches contre Federer, le finaliste 2002 de Wimbledon avait ensuite perdu les quatre suivants.
Mené 5-4 dans ses duels avec le Suisse, Nalbandian a abordé sa finale avec une bonne dose de confiance et d'ambition après sa victoire express sur Nikolai Davydenko (6-0, 7-5). Oui, mais voilà, comment terrasser l'ogre ? Une drôle d'équation à résoudre pour le natif de Cordoba, ancré pourtant dans l'espoir de pouvoir au moins faire vaciller le seigneur des courts. Le premier set offre des motifs de satisfaction à Nalbandian. Les deux combattants se chipent tour à tour leurs services respectifs lors des premiers jeux mais à ce petit jeu, c'est Federer qui pense avoir fait le plus dur en menant 4-2. Nalbandian, bien décidé à ne pas se laisser distancer, parvient à éteindre le début d'incendie mais il faudra quand même appeler les pompiers au terme de ce premier set conclu au tie-break par Federer sur un retour retombant sur la borne du filet au grand désespoir de Nalbandian (7-6 [4]).
Un match absolument fou
Le deuxième set est une copie-carbone de la manche initiale. Mené un set à zéro, David Nalbandian s'est accroché comme un naufragé à sa bouée de sauvetage pour ne pas couler davantage. Federer, fort de son avantage, a tenté d'étouffer un peu plus sa proie. Avec un avantage de 4-2, l'Helvète n'a pas réussi à enchaîner, dilapidant quatre balles de break pour le plus grand bonheur de l'Argentin, revenu à 6-6 pour un nouveau sursis lors d'un deuxième tie-break. Un jeu décisif extrêmement disputé avec de part et d'autre, une distribution de cadeaux comme si Noël avait un mois d'avance. Proche de la rupture, Federer a tenu bon pour faire finalement la décision 13 points à 11 et mener deux sets à rien.
Mais Nalbandian a profité d'un petit coup de moins bien de son vis-à-vis à l'entame de la troisième manche pour breaker d'entrée, puis un peu plus tard au 6e jeu. Agacé par les temporisations intempestives de l'Argentin, Federer lui a abandonné le set (6-2), victime d'une nette baisse de régime confirmée de manière éclatante au début du 4e set. Nalbandian, frais comme un gardon, a compris la situation et s'engouffre dans la brêche géante. Un Federer à 50% de ses possibilités est bien évidemment un joueur très perfectible. Résultat des courses, Nalbandian réalise un véritable cavalier seul lors du 4e set pour recoller à deux manches partout. Perclu de douleurs, Federer fait appel au kiné pour quelques massages aux cuisses qui ne répondent presque plus. Vaine intervention ? Le 5e set ressemble à un calvaire pour Federer qui laisse Nalbandian filer vers sa première consécration. Du moins le croit-on...A 4-0 en sa faveur, l'Argentin sombre dans une coupable fébrilité. Un pêché qui va lui coûter la victoire. Federer a oublié sa douleur, retrouvé la panoplie de ses coups pour revenir à 4-4, mener 6-5 pour servir pour le gain de la partie. Et filer vers une troisième victoire en Masters, ce que Ilie Nastase (1971-73) et Ivan Lendl (1985-87) ont été les seuls à réaliser. Mais non, le gaucho jaillit de sa boite au meilleur moment, signe le débreak fatal et s'envole vers la gloire après un troisième et dernier tie-break parfaitement négocié (7-3). Pour signer la surprise de l'année en guise d'épilogue. Roger Federer est K.-O debout. A 23 ans, David Nalbandian rejoint dans la légende Guillermo Vilas, dernier Argentin à s'être imposé dans un Masters. C'était en 1974.
sources : l'équipe
>>> Un match extraordinaire, vraiment. Les deux auraient mérité la victoire, mais l'Argentin a su rester meilleur et constant dans tout le match. Federer, diminué physiquement a eu des hauts et des bas, gagnant les deux premiers sets à l'arrachée ( 7/6 7/6 ). Il a été ensuite largement dominé par les superbes coups de Nalbandian. Mené 4/0 dans le set décisif, Federer s'est repris et nous a sorti quelques points splendides. Plus serein et plus relaché, le numéro un mondial aligne alors 5 jeux, menant ainsi 6/5, service à suivre pour le Suisse. Mais David Nalbandian, qui s'est accroché dans toute la partie, n'a pas laché, et remporte ainsi son premier Masters. Un grand bravo aux deux joueurs, même avec l'absence de 5 des 8 joueurs mondiaux, la finale a été à la hauteur de toutes les attentes, avec un très grand niveau de la part des deux finalistes. Nalbandian mérite vraiment sa victoire ;)
PS : petit bug sur skyblog, l'image ne s'affiche pas... Solly !
Roger Federer aurait pu écrire un nouveau morceau à sa légende. Mais le n°1 mondial, pour sa douzième finale de l'année 2005, a laissé David Nalbandian, repêché suite au forfait d'Andy Roddick, s'offrir son premier grand titre sur le circuit au terme d'une finale prodigieuse conclue en 5 sets ( 6-7 (4/7), 6-7 (11/13), 6-2, 6-1, 7-6 (7/3) et 4h33' de jeu. Le Suisse, qui menait deux sets à zéro, s'est ensuite écroulé, trahi par son physique. Federer n'égalera pas le record historique de John McEnroe en 1984 avec 82 victoires pour seulement trois défaites en une saison.
Sur la bonne voie...
On peut dire que Roger Federer a sauvé ce millésime 2005 du désastre après la vague de forfaits (Nadal, Roddick, Safin, Hewitt, abandon d'Agassi après son premier match) qui en a forcément altéré sa qualité. Ne fuyant jamais ses responsabilités, le Suisse a tenté de les assumer jusqu'au bout de l'ultime compétition de la saison. Une mission pas forcément évidente à remplir pour le n°1 mondial, arrivé à Shanghaï dans une forme physique incertaine après sa blessure à la cheville soignée durant un mois. Malgré tout, le maître du circuit a enfilé les victoires dans le groupe rouge face à David Nalbandian, Ivan Ljubicic et Guillermo Coria. Après une demi-finale emballée pesée en 49 minutes (6-0, 6-0) face à un Gaston Gaudio inexistant, Federer a retrouvé en finale celui qu'il avait battu en apéritif, son ancienne bête noire du circuit, David Nalbandian. Vainqueur de ses cinq premiers matches contre Federer, le finaliste 2002 de Wimbledon avait ensuite perdu les quatre suivants.
Mené 5-4 dans ses duels avec le Suisse, Nalbandian a abordé sa finale avec une bonne dose de confiance et d'ambition après sa victoire express sur Nikolai Davydenko (6-0, 7-5). Oui, mais voilà, comment terrasser l'ogre ? Une drôle d'équation à résoudre pour le natif de Cordoba, ancré pourtant dans l'espoir de pouvoir au moins faire vaciller le seigneur des courts. Le premier set offre des motifs de satisfaction à Nalbandian. Les deux combattants se chipent tour à tour leurs services respectifs lors des premiers jeux mais à ce petit jeu, c'est Federer qui pense avoir fait le plus dur en menant 4-2. Nalbandian, bien décidé à ne pas se laisser distancer, parvient à éteindre le début d'incendie mais il faudra quand même appeler les pompiers au terme de ce premier set conclu au tie-break par Federer sur un retour retombant sur la borne du filet au grand désespoir de Nalbandian (7-6 [4]).
Un match absolument fou
Le deuxième set est une copie-carbone de la manche initiale. Mené un set à zéro, David Nalbandian s'est accroché comme un naufragé à sa bouée de sauvetage pour ne pas couler davantage. Federer, fort de son avantage, a tenté d'étouffer un peu plus sa proie. Avec un avantage de 4-2, l'Helvète n'a pas réussi à enchaîner, dilapidant quatre balles de break pour le plus grand bonheur de l'Argentin, revenu à 6-6 pour un nouveau sursis lors d'un deuxième tie-break. Un jeu décisif extrêmement disputé avec de part et d'autre, une distribution de cadeaux comme si Noël avait un mois d'avance. Proche de la rupture, Federer a tenu bon pour faire finalement la décision 13 points à 11 et mener deux sets à rien.
Mais Nalbandian a profité d'un petit coup de moins bien de son vis-à-vis à l'entame de la troisième manche pour breaker d'entrée, puis un peu plus tard au 6e jeu. Agacé par les temporisations intempestives de l'Argentin, Federer lui a abandonné le set (6-2), victime d'une nette baisse de régime confirmée de manière éclatante au début du 4e set. Nalbandian, frais comme un gardon, a compris la situation et s'engouffre dans la brêche géante. Un Federer à 50% de ses possibilités est bien évidemment un joueur très perfectible. Résultat des courses, Nalbandian réalise un véritable cavalier seul lors du 4e set pour recoller à deux manches partout. Perclu de douleurs, Federer fait appel au kiné pour quelques massages aux cuisses qui ne répondent presque plus. Vaine intervention ? Le 5e set ressemble à un calvaire pour Federer qui laisse Nalbandian filer vers sa première consécration. Du moins le croit-on...A 4-0 en sa faveur, l'Argentin sombre dans une coupable fébrilité. Un pêché qui va lui coûter la victoire. Federer a oublié sa douleur, retrouvé la panoplie de ses coups pour revenir à 4-4, mener 6-5 pour servir pour le gain de la partie. Et filer vers une troisième victoire en Masters, ce que Ilie Nastase (1971-73) et Ivan Lendl (1985-87) ont été les seuls à réaliser. Mais non, le gaucho jaillit de sa boite au meilleur moment, signe le débreak fatal et s'envole vers la gloire après un troisième et dernier tie-break parfaitement négocié (7-3). Pour signer la surprise de l'année en guise d'épilogue. Roger Federer est K.-O debout. A 23 ans, David Nalbandian rejoint dans la légende Guillermo Vilas, dernier Argentin à s'être imposé dans un Masters. C'était en 1974.
sources : l'équipe
>>> Un match extraordinaire, vraiment. Les deux auraient mérité la victoire, mais l'Argentin a su rester meilleur et constant dans tout le match. Federer, diminué physiquement a eu des hauts et des bas, gagnant les deux premiers sets à l'arrachée ( 7/6 7/6 ). Il a été ensuite largement dominé par les superbes coups de Nalbandian. Mené 4/0 dans le set décisif, Federer s'est repris et nous a sorti quelques points splendides. Plus serein et plus relaché, le numéro un mondial aligne alors 5 jeux, menant ainsi 6/5, service à suivre pour le Suisse. Mais David Nalbandian, qui s'est accroché dans toute la partie, n'a pas laché, et remporte ainsi son premier Masters. Un grand bravo aux deux joueurs, même avec l'absence de 5 des 8 joueurs mondiaux, la finale a été à la hauteur de toutes les attentes, avec un très grand niveau de la part des deux finalistes. Nalbandian mérite vraiment sa victoire ;)
PS : petit bug sur skyblog, l'image ne s'affiche pas... Solly !



